Y croître
Yann Bagot, Angèle Guerre, Filomena Borecka, Anne Marie Finné,
Cécile Beau, Nadia Kever, Natacha De Mol, Anaïs Lelièvre
du 6 juillet au 25 août 2019

JÀ Montauban, la végétation, riche et foisonnante, enveloppe les espaces du centre d’art. Au-delà
des murs, la forêt témoigne d’un passé qui a laissé des traces. Close pour un temps, elle s’est fait
désirer, poursuivant son développement, hors de la présence humaine. Maintenue dans cette réserve,
elle a continué à prospérer, protégée. Comment tordre la contrainte de la fermeture puis de
la limitation d’accès aux chemins balisés, et permettre une nouvelle approche, vivifiante, de cette
nature abondante? Comment rendre un élan, un souffle pour son et notre épanouissement ? Huit
artistes ont répondu à cette double interrogation.


Cet été, l’Espace Greisch et le bureau des forges se transforment en terreau, afin qu’y émergent des
oeuvres s’enracinant dans les particularités des lieux. Leurs espaces intérieurs offrent de nouvelles
opportunités pour poursuivre les interactions entre les créations artistiques et le patrimoine architectural
et naturel. La nature, vivante et luxuriante, est invitée à croître au sein de l’architecture.
Les artistes ici réunis ont déployé leurs matières, formes, couleurs et volumes. Le souffle de la
forêt environnante a donné naissance aux installations, dessins, peintures et sculptures. Du sol au
plafond, les œuvres expriment la prolifération, la force et la vigueur que développent les végétaux
pour prendre forme selon leur biotope. Elles incarnent le cycle de la vie, un acte de résistance,
métaphore de l’énergie des plantes.


Dans le bureau des forges, l’œuvre d’Anaïs Lelièvre emplit le volume et provoque une sensation de
perte de repères. Les papiers démultipliés prennent l’empreinte des végétaux et renvoient au processus
de transformation. Les dessins de Yann Bagot relient quant à eux les bois de l’architecture
à ceux de la forêt environnante.


Le rez-de-chaussée de l’Espace René Greisch devient un laboratoire de culture. Cécile Beau y fait
fructifier des tapis de mousse qui abritent l’humidité. Là, les sensations de proximité avec la nature
sont condensées. Au premier étage, Anne Marie Finné, Angèle Guerre et Filomena Borecka, par
leurs dessins et leurs installations, donnent à voir des mouvements et un éclatement de formes. En
prêtant attention aux matières, elles convoquent les sensations de contact du corps avec la nature.
En explorant leur support, par la répétition d’un geste, elles témoignent de rencontres avec les
éléments naturels en croissance. Anne Marie Finné propose au visiteur de prendre le temps d’une
marche et d’un parcours du regard afin de saisir l’image vibrante d’une végétation. L’envol et le lien
de la terre au ciel se révèlent dans l’installation d’Angèle Guerre. Ses pièces insufflent de nouvelles
présences, mi-végétales, mi-animales. Un souffle vital émane des sculptures de Filomena Borecka,
qui se transforment au gré des passages. Comme en forêt, le visiteur est attiré par des matières,
incité à aiguiser son regard pour se laisser guider vers des apparitions de formes multiples. Au dernier
niveau, les empreintes végétales de Natacha De Mol, une création in situ, rafraîchissent notre
attirance pour le monde floral, fragile et délicat, source d’éclat et de vie.

Ses flux se dispersent et
traversent les frontières entre intérieur et extérieur. D’un fragment, d’une pousse, les œuvres
prennent ici corps pour nous inciter à prendre le temps d’observer le vivant.


Pauline Lisowski
 

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