Omnia Animata, tout un ciel les sépare
Laura et Ricardo Nillni
du 9 juillet au 20 juillet 2019

Laura Nillni mène un travail plastique nourri de rencontres avec les éléments naturels, de
lectures et de musiques. Entre le construit et l’organique, entre fixité et mouvement, ses œuvres
incarnent différentes temporalités et nous conduisent à prêter attention au vivant. L’artiste joue
avec les formes géométriques, les assemble, tels des modules avec lesquels elle crée une multitude
de combinaisons, couche par couche.


Elle développe ses recherches plastiques sur les plis, les superpositions de formes, la transparence
et la lumière en fonction des lieux et en relation avec l’architecture. Ses dessins se déploient dans
l’espace, le redessinent et incitent à le regarder dans toute son ampleur.
Depuis plus de vingt ans, avec le compositeur Ricardo Nillni, elle crée des films à l’intérieur
desquels des formes interagissent avec une musique. Du mouvement, des strates de développement,
croissance du végétal et du vivant, du récit et des partitions se superposent dans leurs œuvres.


Cette exposition réunit vidéos, installations, dessins et œuvres sonores pour de multiples
expériences visuelles et sonores. Chacune a son propre espace-temps et conduit à un déplacement,
à se laisser porter par un rythme, des formes et des signes de couleurs.
Laura Nillni utilise le calque pour jouer sur les recherches de profondeurs, proposer des
expériences perceptives où matières et couleurs se combinent selon les multiples couches de
papier.


L’installation Sol propose au spectateur une expérience qui mêle écoute et temps du regard. Cinq
dessins sur calques dont le titre est Cinq degrés de crayonnages (en hommage à Sol LeWitt) réalisés
à partir d’une partition écrite par Ricardo Nillni pour chaque instrument (flûte, clarinette, alto
et violoncelle), sont accompagnés de l’enregistrement sonore de l’œuvre musicale éponyme.
Avec Involuta, le volume du papier rejoint la partition dont l’enregistrement sonore épouse aussi la
musique correspondante. Ses dessins répondent plastiquement au rythme.


Cette impression de mouvement se retrouve dans l’installation Les papillons de Kafka. Des livrets
de partitions dessinés sur calque font écho à la forme de ces insectes majestueux. Accompagnés
par Das Nachausweg (soprano, violoncelle et piano), composée par Ricardo Nillni, ces dessins
disposés au mur, invitent à un déplacement du regard et suggèrent l’envolée.
Les phénomènes naturels, les êtres vivants, de la terre au ciel nourrissent l’imaginaire des artistes.
Leurs oeuvres s’ancrent à la fois au sol et tendent à prendre leur envol.


La vidéo Je ne sais combien d’étoiles tire son origine de la nouvelle Funes ou la mémoire de Jorge
Luis Borges. Hommage à cet auteur, elle témoigne du processus de surgissement des souvenirs
et propose un va-et-vient visuel du micro au macrocosme, du végétal au paysage, de l’élément
naturel que l’on peut toucher au monde céleste inatteignable, qui nous fait rêver. Elle concentre les
diverses sources et sujets de Laura Nillni, la nature, la littérature, la géométrie.


Des livres réalisés à l’encre sur feuilles de calque, dispersés, s’envolent presque pour unir les
différents mondes qu’incarne l’ensemble des œuvres des artistes. Lignes et entrelacements de
couleurs suggèrent des branches d’arbres et des flux, expression du souffle de la vie. Ils se sont
comme échappés de la galerie Victor Sfez…


Ainsi, de l’eau au ciel étoilé, les feuilles et les racines tissent des liens entre les œuvres de ce duo
d’artistes.


Pauline Lisowski
Commissaire de l’exposition

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