De l'empreinte à l'invention
Jean-Pierre Marchand

Galerie Neuf, Nancy

du 11 octobre au 23 octobre 2019

Marcheur attentif à l’environnement et aux détails des architectures, Jean-Pierre
Marchand nous dévoile des fragments de villes. En s’arrêtant, il découvre des éléments graphiques qu’il saisit par la lumière. Ses photographies sont des empreintes de ses errances urbaines.
Ses photographies nous invitent à regarder autrement notre quotidien. Ses cadrages nous offrent de nouveaux points de vue sur les relations entre la nature et l’architecture. Des traces apparaissent comme des signes qui révèlent des passages, une présence. Il les nomme «Formescences» : des formes qui suggèrent des couches de mémoire et nous amènent à nous interroger sur le passé et le développement de la forme d’une ville.
Des résonnances formelles et des différences naissent du jeu d’accrochage entre des vues de rues et d’architecture en Chine et celles d’espaces urbains en Europe.
Deux itinéraires photographiques se répondent et s’ouvrent alors des réflexions sur la place de l’individu en ville et sur la manière dont l’architecture guide nos modes de vie.
La nature dans l’architecture et la forme de l’arbre apparaissent comme les fils rouges de cet ensemble de photographies entremêlées. Le jardin, hétérotopie chez Foucault, est ici mis en lumière. Ses séries des toits de Pingyao et des pierres de Chine nous invitent à penser à ce qu’il y a plus loin, à travers, dessous. Ce qui rappelle l’importance de la pierre comme paysage en Chine.


Des rapports d’échelles et des points de vue décalés troublent nos points de repère. Ces combinaisons d’images présentent des correspondances, comme un
jeu de familles d’images à travers desquelles se manifestent des lignes, des
passages, des ouvertures, où les formes architecturales entrent parfois en tension avec la végétation.
Ses photographies, d’ordre documentaires, tendent vers la recherche d’abstraction et vers l’invention d’autres manières de produire des images par la lumière. Jean-Pierre Marchand double ses recherches photographiques d’un choix de support et de format qui reflète alors une singularité aux éléments du quotidien qu’il met en évidence.

 

Comme saisies durant un voyage en train, la série des «Inventions» convoque un lien entre images, textures et couleurs. Jean-Pierre Marchand réalise des expériences à partir de ses photographies pour découvrir des formes nouvelles. Par ces manipulations et transformations, les sensations de mouvement et de flottement sont renforcées. Jean-Pierre Marchand interroge le processus même de l’écriture par la lumière qu’on nomme «photographie».
Comment saisir le réel de façon encore plus
directe et plus dépouillée sinon plus primitive ?
Le procédé du sténopé lui permet alors de capturer des empreintes de lumière - car tout objet visible fonctionne comme un filtre qui module la lumière -
par des expositions lentes, parfois hasardeuses et sans qu'il soit possible de contrôler avec exactitude l'image attendue. Il s'en remet ainsi à la lumière elle même et à sa magie.
De l’empreinte à l’invention, les limites sont poreuses. Ainsi ses prises de vues
amènent Jean-Pierre Marchand à réfléchir sur ce que nous voyons. Il sollicite notre
sensibilité et notre envie d’observer autrement notre environnement architectural

et urbain.


Pauline Lisowski, commissaire de l’exposition.

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