Ceci n'est pas un nuage ! Climat, la nouvelle Apocalypse ?

Maud Louvrier-Clerc

Domaine national du Château d'Angers

 

1 juin -  30 septembre 2018

Maud Louvrier-Clerc développe une recherche autour d'une forme singulière, le carrond, fusion d’un demi-carré et d’un demi-rond, symbole d'équilibre et son infinité de combinaisons possibles. L'histoire de l'art, la science et la philosophie inspirent ses créations. Pour l’artiste, l’art et le contact avec la nature participent au développement de chaque individu. Elle a vu dans la Tapisserie de l'Apocalypse, chef d’œuvre de Jean de Bruges, une résonance avec notre époque. Pour elle, l'apocalypse signifie "révélation" et l'espoir vers le renouveau, l'avenir d'un monde meilleur se relie dès lors avec sa démarche dont la vocation est dixit "d'inspirer des futurs souhaitables".

 

De ses explorations autour du carrond est née la forme du nuage, combinaison de quatre carronds, représentant les piliers du développement durable, symbole de reliance, de vie, de croissance responsable. Cet élément suggère le mouvement, le déplacement. Il cache et en même temps recouvre ; il véhicule l'idée de changement. L'artiste met en lumière et revisite ici les propriétés de cet élément. Dans le jardin du château d'Angers, des sculptures fonctionnent comme des points de liaison dans la promenade. Elles relient la terre au ciel. L’intangible devient saisissable. De léger, le nuage devient une masse, fixe… Il s’ancre au sol, suggère une graine, qui va donner naissance à un monde nouveau. Ces œuvres appellent également à la puissance, à la force d’un élément naturel. Elles évoquent une chute mystérieuse, un phénomène incompréhensible, magique. D’en haut, ces sculptures apparaissent comme des pas japonais, des éléments sur lesquels on pourrait marcher… Et ses nombreux usages se découvrent. Qui n’a pas rêvé de monter au ciel, d’attraper un nuage ? Ces bancs-tables-sculptures offrent aux promeneurs l’occasion de méditer et d’observer le jardin. Fenêtres ouvertes sur l’infini, ces œuvres rendent également hommage à Magritte. Elles nous rappellent que tout peut être changement, que la réalité et les rêves peuvent s'entremêler. Le nuage est ici un territoire d’exploration infini.


Ce parcours de nuages guide le visiteur, attire son regard sur les différents espaces du jardin.
Ils ajoutent une nouvelle couche d’histoire, telle un terreau fertile.
En écho, des sérigraphies, compositions de nuages guident le visiteur vers la découverte de la Tapisserie de l’Apocalypse. Des superpositions de couleurs, rouge et bleu, couleurs de cette œuvre historique et monumentale, jouent sur le lien entre la terre et le ciel. L’espace du papier se remplit… L’artiste épuise son motif, source de nombreuses combinaisons et variations possibles. Ces œuvres suggèrent des modifications, des croisements, des hybridations. La vidéo poursuit le voyage, intérieur et spirituel. Le spectateur se laisse porter
par le rythme de déplacement des nuages.
Ainsi, l’œuvre protéiforme de Maud Louvrier-Clerc traverse les cultures, l’histoire et croise les disciplines. Elle ajoute une nouvelle couche d’histoire, comme si elle plantait sa graine dans ce monument et son parc.

Pauline Lisowski

1 juin - 30 septembre 2018

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